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2 Septembre 2010

puy de Dôme (archives)

Le saviez-vous ?

Un volcan sans cratère
Le puy de Dôme s'est édifié il y a 11 000 ans en trois phases successives

Une explosion a tout d'abord ouvert un cratère initial. Puis celui-ci a été obstrué par deux éruptions de lave calcaire, riche en silice et très visqueuse, la dômite. Enfin, un processus d'accumulation a formé une fragile aiguille aujourd'hui disparue.

Quant aux gaz, sous pression, ils n'ont pu s'échapper qu'en explosant : ce sont les fameuses nuées ardentes, phénomènes que l'on retrouve chez les volcans dits péléens dont le nom vient du plus célèbre d'entre eux, le Mont Pelée à la Martinique. Le dôme ainsi formé se distingue de la plupart de ses voisins à cratère. Il recouvre partiellement deux cônes de scories plus anciens, le puy Lacroix au sud et le petit puy de Dôme au nord. Huit coulées de lave sont associées à cette première phase d'activité, bien antérieure à l'édification du puy de Dôme lui-même.

Mais en raison de son aspect particulier, il fallut attendre 1751 et M. Guéttard pour que sa nature volcanique soit soupçonnée. La certitude de Guéttard était fondée sur l'identification des roches qu'il y avait observées. Mais, bien que sa nature volcanique fût confirmée par de nombreux savants, ils s'interrogèrent sur sa formation. Il fallut attendre le 8 mai 1902 et le drame du Mont Pelée pour comprendre le phénomène.

Haut de 1465 mètres, le puy de Dôme surplombe l'ensemble des quelques 80 volcans monogéniques - c'est-à-dire formés lors d'une éruption unique - qui constituent la jeune chaîne des puys. Le puy de Dôme est un volcan du Massif central, dans la Chaîne des Puys. Il se trouve à environ 15 km de Clermont-Ferrand (au cœur du Parc des Volcans d'Auvergne) et a donné son nom au département du puy de Dôme en 1791.


La montagne sacrée, résultat des fouilles

Les fouilles réalisées entre 1999 et 2003 par l'université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand (sous la direction de Frédéric Trément, laboratoire d'archéologie du CHEC) ont permis de préciser les connaissances sur l'agglomération antique de Ceyssat et le complexe cultuel du temple de Mercure...


L'expérience décisive du puy de Dôme

Natif de Clermont-Ferrand, Blaise Pascal va, au 17ème, utiliser le puy de Dôme pour vérifier une théorie qui deviendra une révolution scientifique, entrevue par les Italiens Galilée et Torricelli : l'existence du vide.

Pascal veut montrer que l'air possède une pesanteur qui décroît avec l'altitude. Si tel est le cas on pourra conclure à une raréfaction de l'atmosphère au fur et à mesure de l'élévation jusqu'à atteindre le vide. Stimulé par les observations des fontainiers florentins et de Galilée (1564-1642), Torricelli (1608-1647) réalise une première expérience au terme de laquelle il crée un vide dans un tube plein de mercure. Ce qui lui fait conjecturer la pression atmosphérique. Pascal (1623-1662) reproduit l'expérience et s'attache à vérifier l'hypothèse de son prédécesseur. D'où l'expérimentation du puy de Dôme qu'il confie à son beau-frère, Périer, ne pouvant pas la réaliser seul car il habite à Paris.

Equipé de baromètres à mercure, Périer gravit le 19 septembre 1648 les pentes du puy, enregistrant avec soin l'abaissement du mercure lors de la montée, puis son relèvement à la descente. La pesanteur de l'air varie sans conteste en fonction de l'altitude. L'expérience est un succès. Les protagonistes en sont si fort satisfaits qu'ils la rééditent : au sommet de la tour Bayette de la cathédrale de Clermont-Ferrand et à Paris. C'est ainsi que Pascal initia la météorologie moderne.


Un observatoire au milieu des nuées

L'expérience de Pascal jetait les bases des études atmosphériques. Mais il faudra deux cents ans avant que ne soit créé le premier observatoire permanent de montagne. Ce sont l'énergie du professeur Emile Alluard, l'initiateur du projet, et l'influence du Ministre de l'instruction publique Victor Duruy qui décidèrent la ville de Clermont-Ferrand et le Conseil général à financer la construction d'un observatoire au sommet du puy de Dôme.

Inauguré le 22 août 1876, il constituait, pour l'époque, une prouesse technique, d'autant qu'il était doté d'appareils sophistiqués, propres à l'étude de la physique des nuages. Jouissant d'un rayonnement international, il est devenu Observatoire des Sciences de l'Univers en 1986. Il dispose d'une instrumentation microphysique et chimique de pointe permettant d'apprécier le rôle des nuages et de leur composition dans l'évolution du climat ou dans l'effet de serre.


Une antenne pour un centre de transmission civile et militaire

On peut difficilement imaginer le volcan sans son antenne. C'est en 1956 et 1957 que l'antenne fut bâtie. A l'époque, peu de foyers auvergnats sont équipés de la télévision, par manque de moyens mais aussi parce que la réception est insuffisante. Le relief de la région laisse de nombreuses zones d'ombres dans la couverture.

Point haut, proche de la plus grande agglomération de la région, le puy de Dôme apparaît vite comme l'endroit idéal pour l'installation d'un relais de télévision. Ainsi, le puy de Dôme se voit dominé de 89 mètres. L'antenne se situe à l'intérieur du centre interministériel.


Les sports au sommet

A bicyclette... C'est Fernand Ladoux, du Véloce Club Auvergnat, qui inaugure la conquête sportive. Sur sa Dombret (22kgs), il effectue en 1892 l'aller retour Clermont - le sommet du puy de Dôme par la vallée de Royat, le Col de Ceyssat et le chemin des Muletiers en 2h07. Mais c'est le Tour de France qui conféra à l'ascension cycliste sa notoriété internationale. L'étape a été, à partir de 1952, le théâtre d'affrontements légendaires dont l'inoubliable duel Anquetil-Poulidor en 1964.

En automobile... L'aventure automobile a elle aussi ses héros : Auguste Fraignac et son mécanicien parviennent au sommet en 1955, après une ascension dantesque par un chemin des Muletiers à peine carrossable. La descente dans la nuit et le brouillard ne fut pas moins périlleuse.

En avion... En 1911, l'aviateur Eugène Renaux et son navigateur, relevant le défi d'Edouard Michelin rallient, avec un biplan Maurice-Farman, Paris-le sommet du puy de Dôme, après une élégante boucle autour de la cathédrale, en 5h10. L'exploit fut salué par une foule enthousiaste et leur valut la coquette somme de 100 000 francs de l'époque.


Quelques phénomènes particuliers au puy de Dôme

  • Le spectre de Broken :
    Quand le soleil n'est pas levé sur l'horizon ; l'ombre de la montagne se projette sur les nuages des environs.

    Si cette ombre n'est pas trop éloignée on peut distinguer sa propre silhouette dans le brouillard avec plusieurs auréoles colorées. Cette expérience est également réalisable la nuit par temps de brouillard en projetant un faisceau lumineux à l'aide d'une lampe torche derrière soi, de façon à projeter son ombre.

  • L'effet de Foehn :
    Lorsqu'un courant aérien rencontre un relief suffisamment large, ici le sommet du puy de Dôme ; une partie de la masse d'air transportée par le vent ne peut contourner l'obstacle que lui oppose le relief. Se forme alors un épais et statique nuage, redouté par les adeptes du vol libre et notamment les parapentistes de par son grand pouvoir d'aspiration.

    Il se produit donc par la rencontre du vent et du relief, et est l'un des phénomènes météorologiques les plus extrêmes au niveau températures. Aussi, il se produit majoritairement en haute montagne, mais aussi à partir de 500 à 600 mètres. Enfin, il se caractérise par de fortes précipitations sur le versant situé au vent et d'un vent chaud et sec de l'autre côté.

    Au puy de Dôme, le vent souffle souvent jusqu'à 150km/h avec 2/3 de l'année son sommet dans les nuages, où il gèle 140jours/an. La température au sommet varie entre -30° à 38°C. Et lors de la tempête de décembre 1999 on à compté une vitesse de vent de 210km/h.


La sismicité en Auvergne

Les archives les plus anciennes sur la sismicité remontent au XVe siècle. Des études de Pelletier (1969) et Vogt (1979) retracent différents témoignages concernant les séismes historiques ressentis dans la région Auvergne.

Le séisme le plus important de la région fut celui de 1490. Il semble que la région de Clermont-Ferrand soit celle qui fût la plus affectée avec une intensité de 7 à 8 sur l'échelle de Richter. Le dernier séisme en Auvergne ressenti (Intensité 7) date du 25 Mars 1957 dont l'épicentre se situe dans la région de St Yorre- Randan à 10 km au sud de Vichy. On retiendra que la sismicité de l'Auvergne, bien que faible, présente cependant une activité non négligeable. La possibilité de séisme de magnitude 5 n'est pas à exclure. Cela justifie l'existence d'un réseau sismologique de surveillance.

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